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Nouveau médicament pour «arrêter les dommages de la chirurgie de l’AVC»

Le Daily Telegraph annonce un nouveau médicament qui «pourrait réduire le risque d’AVC chez des milliers de patients subissant des opérations cérébrales».

Ceci est basé sur un essai contrôlé randomisé d’un nouveau médicament appelé NA-1.

L’étude a examiné 185 adultes qui avaient un type de chirurgie appelée enroulement endovasculaire pour traiter un anévrisme cérébral. Un anévrisme cérébral est un renflement dans un vaisseau sanguin qui est causé par une faiblesse dans la paroi des vaisseaux sanguins. La chirurgie est souvent recommandée pour les anévrismes de plus grande taille, car ils risquent de se rompre (éclater), ce qui peut causer des saignements dévastateurs à l’intérieur du cerveau.

L’enroulement endovasculaire peut également être utilisé pour réparer les anévrysmes qui se sont rompus.

Bien que l’enroulement endovasculaire se soit révélé efficace, il entraîne un risque élevé de formation de caillots sanguins dans les vaisseaux sanguins du cerveau, déclenchant un accident vasculaire cérébral et endommageant le tissu cérébral. Les chercheurs ont estimé que 90% des personnes traitées par enroulement subissent un accident vasculaire cérébral, qui est souvent si petit, ils peuvent seulement être détectés en utilisant un scanner cérébral.

Dans de nombreux cas, les attaques sont mineures et ne provoquent pas d’effets secondaires importants. Cependant, dans une minorité de cas, les AVC peuvent être sévères et conduire à des lésions cérébrales étendues et à un déclin correspondant de la fonction cognitive.

La présente étude a révélé que les personnes qui ont reçu NA-1 après leur chirurgie étaient moins susceptibles de développer des zones de tissu cérébral endommagé que ceux qui ont reçu une injection «fictive».

Le nouveau médicament NA-1 est prometteur dans ce petit essai précoce. De plus grands essais seront nécessaires avant qu’il pourrait être approuvé pour une utilisation dans la pratique clinique.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Calgary au Canada et d’autres centres de recherche au Canada et aux États-Unis. Il a été financé par NoNO Inc, la société qui a développé le médicament testé, et Arbor Vita Corp, une autre société de développement de médicaments. L’étude a été publiée dans le journal médical à comité de lecture, The Lancet Neurology.

The Telegraph et BBC News ont couvert cette histoire de manière appropriée, en décrivant la promesse du traitement, mais aussi en incluant des citations soulignant la nécessité de poursuivre les recherches.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Il s’agissait d’un essai contrôlé randomisé de phase II évaluant si un nouveau médicament appelé NA-1 était sûr et pouvait traiter le type de lésion cérébrale observée dans un AVC.

Les chercheurs disent qu’il existe un besoin important de développer des médicaments capables de protéger le cerveau contre les dommages qui se produisent lorsque son apport en oxygène est réduit ou coupé, comme dans un type d’accident vasculaire cérébral appelé AVC ischémique. Ils disent que plus de 1000 traitements qui se sont révélés prometteurs dans des modèles animaux pour cet usage ne se sont pas traduits en médicaments humains réussis.

NA-1 appartient à une nouvelle classe de médicaments connus sous le nom d’inhibiteurs PSD95. Lorsque l’apport d’oxygène au cerveau est bloqué, comme c’est le cas lors d’un accident vasculaire cérébral, une série complexe de réactions biochimiques se produisent qui entraînent l’endommagement ou la mort des cellules cérébrales. Les inhibiteurs de PSD95, tels que NA-1, peuvent perturber un aspect de ces réactions, contribuant à préserver le tissu cérébral. Les chercheurs espèrent que cela aidera à prévenir la mort du tissu cérébral.

Le médicament s’est avéré prometteur dans les tests sur les animaux pour réduire la lésion cérébrale résultant d’un accident vasculaire cérébral, et les essais de phase I chez des humains en bonne santé ont identifié une dose appropriée pour l’homme qui n’a pas provoqué d’effets indésirables graves. La présente étude visait à évaluer la sécurité du médicament, et d’autres effets, chez les humains ayant subi une intervention chirurgicale pour réparer un vaisseau sanguin dans le cerveau. De petits caillots de sang peuvent se former au cours de cette procédure, et ceux-ci peuvent bloquer les petits vaisseaux sanguins dans le cerveau, conduisant à de petites zones du type de dommages cérébraux observés lors d’un AVC. Ces petites zones de dommages peuvent ne pas causer des effets invalidants aussi graves qu’un coup complet, mais peuvent affecter les fonctions cognitives, telles que la mémoire et les compétences linguistiques.

Les chercheurs ont voulu savoir si NA-1 pouvait aider à prévenir ce type de dommage.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont recruté 197 adultes qui avaient besoin d’une chirurgie du cerveau pour réparer un vaisseau sanguin qui s’était rompu (éclater) ou risquait d’éclater. Ils incluaient seulement des personnes dont la réparation pouvait être réalisée par chirurgie mini-invasive, en utilisant une technique appelée réparation d’anévrisme intracrânien endovasculaire (souvent appelée enroulement endovasculaire). Douze participants ont finalement été exclus de l’étude car ils ne répondaient pas aux critères d’inclusion.

Les participants ont été randomisés pour recevoir soit une perfusion intraveineuse du nouveau médicament NA-1, soit une solution placebo après l’achèvement de la réparation, mais avant qu’ils sortent de leur anesthésie générale. Les pharmaciens qui ont préparé la perfusion savaient quel traitement était reçu, mais ni les participants ni les médecins qui les évaluaient ne savaient quelle solution avait été utilisée (l’étude était en double aveugle). Cela empêche les participants et les médecins de voir les effets potentiels du médicament sur les résultats.

Les participants ont eu une IRM avant leur chirurgie, puis de nouveau 12 à 96 heures après la perfusion. Les chercheurs ont examiné les IRM pour de nouvelles zones où le tissu cérébral a été endommagé parce qu’il avait été privé d’oxygène, qui n’étaient pas là avant la chirurgie. Ils ont également examiné la taille de ces zones de dommages (appelées lésions).

Les participants ont également été évalués cliniquement par des médecins immédiatement après la chirurgie et entre deux et quatre jours et 30 jours après la chirurgie. On s’attendrait à ce que les participants qui avaient un vaisseau sanguin rompu subissent des lésions cérébrales plus graves que ceux dont les vaisseaux sanguins risquaient seulement d’éclater, mais ils ne subissaient que des tests de la fonction cérébrale au jour 30.

Les chercheurs ont comparé les résultats des participants qui ont reçu NA-1 et ceux qui n’en ont pas reçu, y compris s’ils ont eu des effets indésirables.

Quels ont été les résultats de base?

Environ les deux tiers des participants ont développé de nouvelles zones de lésions cérébrales (lésions) après leur chirurgie. Les chercheurs ont constaté que les participants qui ont reçu NA-1 avaient environ 41 à 47% moins de nouvelles lésions par rapport aux participants qui ont reçu un placebo. Les participants recevant NA-1 avaient en moyenne trois à quatre nouvelles lésions (selon la méthode utilisée pour évaluer les lésions), tandis que les participants recevant le placebo avaient en moyenne de cinq à sept nouvelles lésions.

Les chercheurs ont trouvé aucune différence dans le volume des zones de dommages dans le cerveau des participants traités avec NA-1 ou un placebo, ou dans les résultats cliniques de l’ensemble des patients phobie.

Aucun événement indésirable grave n’a été identifié comme étant lié au traitement par NA-1. Deux participants ont développé une hypotension transitoire tout en recevant un traitement par NA-1, jugés légers et résolus en quelques minutes. Deux participants du groupe NA-1 ont eu de grands AVC après leur opération, ces AVC ont été jugés être liés à la chirurgie elle-même et non à NA-1.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs ont conclu que leurs résultats montrent qu’il est possible de protéger le cerveau des dommages causés par la famine par l’oxygène. Ils disent que de plus grands essais sont nécessaires pour étudier les effets de NA-1 plus loin.

Conclusion

Ce petit essai a montré que le nouveau médicament NA-1 est prometteur pour réduire le risque de lésions cérébrales après une chirurgie mini-invasive pour la réparation des vaisseaux sanguins dans le cerveau. L’étude était bien conçue et ses résultats semblent être suffisamment prometteurs pour que le médicament continue à être étudié dans des essais de phase III de plus grande envergure. Cette recherche supplémentaire sera nécessaire pour:

confirmer les résultats observés dans cet essai

évaluer les résultats à plus long terme des participants

évaluer de plus près si NA-1 a un effet sur le fonctionnement cérébral des patients, leur fonction globale et leur qualité de vie

évaluer davantage le potentiel d’effets indésirables moins fréquents avec NA-1 dans un groupe plus large de personnes

Évaluer si NA-1 a des effets similaires chez les personnes atteintes d’autres conditions impliquant des zones de lésions cérébrales dues à la famine d’oxygène, pas seulement ceux qui subissent une chirurgie du cerveau.

Cette recherche supplémentaire prendra du temps, et des résultats positifs continus seront nécessaires avant que les régulateurs de médicaments puissent lui donner l’autorisation d’utiliser en pratique clinique.

Il est difficile de mettre au point des médicaments capables de protéger le cerveau, et l’on espère que de telles recherches aboutiront à d’autres moyens d’aider les personnes souffrant des effets des AVC et des lésions cérébrales connexes.